Intervention en séance sur le budget enseignement scolaire

6 novembre 2013
Intervention en séance sur le budget enseignement scolaire

Monsieur le président, monsieur le ministre de l’éducation nationale, monsieur le ministre délégué chargé du budget, madame la ministre déléguée chargée de la réussite éducative, monsieur le président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, mes chers collègues, Carole Delga ayant présenté la partie budgétaire proprement dite, je n’évoquerai que les aspects les plus structurants de cette mission, avant de vous présenter le thème d’investigation de mon rapport.

Le projet de loi de finances pour 2014 donne à l’école les moyens de sa refondation. Après dix ans de casse de notre système éducatif ce budget est la preuve que l’éducation est élevée au rang de priorité de la nation. C’était un engagement fort du Président de la République, qui se traduit par un effort budgétaire sans précédent. J’en donnerai quelques exemples. Tout d’abord, le statut et le métier d’enseignant sont reconnus. Outre la mise en place des ESPE, le Gouvernement a créé une prime de 400 euros pour les professeurs des écoles. Ensuite, 8 804 nouveaux postes seront créés l’année prochaine, principalement dans l’enseignement primaire, auxquels il convient d’ajouter le recrutement de 6 000 emplois d’avenir professeur supplémentaires. Enfin, un CDI sera proposé à 2 800 auxiliaires de vie scolaire employés sous statut d’assistant d’éducation arrivant au terme de six années de contrat.

J’en viens à présent à mon avis budgétaire, qui porte sur l’enseignement scientifique dans le primaire et au collège. La refondation de l’école conforte cet enseignement : les missions de l’école élémentaire incluent, depuis le vote de la loi du 8 juillet 2013, l’acquisition d’une culture scientifique et technique, et le rapport annexé préconise une évolution de la pédagogie pour renforcer l’attractivité des sciences.
Ces orientations doivent être saluées, car l’enseignement scientifique est en crise. Crise des résultats, d’abord, qui baissent ou stagnent. Problème de la formation, ensuite : les professeurs des écoles, issus à 75 % des disciplines littéraires ou sociales, ne sont pas toujours armés pour mettre en œuvre, dans les classes, une démarche scientifique. Crise des contenus, enfin : mes interlocuteurs ont dénoncé le caractère inaccessible des programmes, qui accumulent les notions sans que les savoirs soient construits.
Par ailleurs, l’enseignement scientifique souffre de la rupture, lors du passage en sixième, du monde de la polyvalence au monde des disciplines. En outre, au collège, les classes surchargées et la quasi disparition des personnels de laboratoire et du fléchage des heures de travaux pratiques conduisent à sacrifier la partie expérimentale des apprentissages.

Quels sont les leviers qui pourraient permettre de rénover cet enseignement en souffrance ? Le rapport que j’ai présenté la semaine dernière en identifie plusieurs. Permettez-moi d’en citer trois.

  • Le premier levier est celui de la refonte des programmes. C’est pour moi l’occasion de saluer l’installation, le 10 octobre dernier, du Conseil supérieur des programmes, car la refondation ne pourra pas fonctionner sans instituer, à tous les niveaux, plus de cohérence et de continuité entre les programmes. Il faudrait mettre en avant des thèmes ou des objets scientifiques qui permettent de faire converger les disciplines et sanctuarisent la démarche d’investigation et les travaux pratiques, complétant ainsi l’apprentissage des fondamentaux. Il faudra trouver le bon équilibre entre la démarche expérimentale et l’acquisition de ces fondamentaux.
  • Le deuxième levier est celui de la formation continue. À titre d’exemple, l’expérimentation PACEM débouche sur des résultats rapides s’agissant des acquis mathématiques. Je n’ignore évidemment pas notre cadre budgétaire contraint, mais nous devrions investir dans la formation continue. Il faudrait développer, dans ce but, des formations partenariales avec les universités, les organismes de recherche, les sociétés savantes, et même recourir aux compétences de nos doctorants et de nos élèves ingénieurs.
  • J’en viens au troisième levier, celui des activités périscolaires à caractère scientifique. Avec d’autres collègues, j’ai amendé le rapport annexé de la loi sur la refondation pour souligner leur intérêt. Pour qu’elles soient utiles, ces activités devraient être effectuées en complémentarité avec l’enseignement scientifique, le professeur devant évidemment en être le maître d’œuvre. À cet égard, les projets éducatifs territoriaux peuvent être l’occasion de développer la culture scientifique des élèves.

En conclusion, je dirai que la refondation de l’école passe aussi par le renforcement de la culture scientifique. C’est un enjeu pour l’attractivité des carrières scientifiques, pour notre compétitivité, mais aussi pour la République car, pour exercer leur liberté et faire nation, nos enfants doivent acquérir et développer un rapport à l’erreur, au questionnement et au doute.

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